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Red Dead Redemption II a faillit me décevoir.

Après des mois et des mois de teasing, Red Dead Redemption est enfin sorti, et à moins d'être locataire d'une grotte en Alaska, difficile de ne pas en avoir entendu parler. Quasilent toutes les critiques sont ditrambiques, et pourtant, j'ai bien failli être déçu. Voilà pourquoi. 

Les premières missions, dans le neige, ne m'ont pas mis l’eau à la bouche. Alors que souvent, les tutoriels d’un jeu essaient d’en mettre plein la vue, tout en gardant les tâches assez simples, Rockstar a fait l’inverse : des missions plutôt banales (même si très bien interprétées par les acteurs), pondéreuses, lentes, avec une prise en main des contrôles du jeu pénible à apprendre. 

Au début donc, on se frustre que le protagoniste que l’on contrôle - Arthur Morgan - mette trois plombes à aller où que ce soit. Que looter prenne trois plombes. Que fouiller une maison prenne trois plombes. Que les fusillades soient difficiles à maîtriser parce que Arthur met - oui, vous l’avez deviné - trois plombes à viser. Pas étonnant qu'il soit toujours si grognon en fait.

C’est seulement après les premières missions, quand on sort de la neige et de la montagne, que l’on se rend compte que Rockstar ne s’est pas planté - mais en fait a créé un chef-d’oeuvre. 
Difficile de faire plus beau...




Parce que l'on comprend qu'en fait, Rockstar nous force à jouer différemment. Fini les sprints à la Usain Bolt de Bayek dans Assassin's Creed, qui ne se fatigue jamais et traverse l’Egypte en quelques minutes. Fini les missions guidées, ultra indiquées. Fini le côté monde ouvert “bon marché” où tout ce que vous avez à faire c’est répéter trente fois une variante de la même tâche.

Rockstar veut nous faire prendre notre temps, veut nous faire savourer la beauté du monde qu’il a créé, et la complexité de ses NPCs. Arthur, par exemple, a besoin de manger et dormir - et pour ca, il faut faire ses courses ou la chasse. Moi qui croyait que faire les courses au Carrefour du Far West allait m’endormir, j’ai en fait pris un plaisir discret, relaxant, à chasser, à parler à l’épicier, à voler son entreprise de blanchisssement d’argent la nuit,  à faire mon café le matin, à voler des cochons à la ferme en évitant que toute la ville cri au voleur. Même la popote du camp, préparé par le cuistot du gang, me donnait faim (surtout après avoir tué l’ours qui mijotait dedans). Aller au Saloon me donnait soif - surtout quand Arthur se bourrait la gueule. Jouer au poker avec des nouveaux amis me donnait envie d'y être. Et tout ça, c’est parce que Rockstart a créer ce que j’oserais appeler le premier vrai monde ouvert, où quasiment tout est possible, et tout doit être fait presque pour de vrai - je ne me lasse jamais de sa beauté, de son détail, de ses coins secrets. 

Mais ne vous inquiétez pas, il y a de l’action. Les NPC sont imprévisibles - un regard de travers (parce qu’on choisit comment se comporter face aux autres) et le tout peut dégénérer en bagarre en pleine rue, avec les Sherifs qui s'en mêlent, et l’émeute qui s’en suit. Vous aurez des gens à sauver, des primes à chasser, des mystères à investiguer, des brutes à recadrer (oui, je parle de toi l'éleveur de moutons insolent qui m’a manqué de respect), des chariots à voler, et bien sûr des shootouts - et ce que j’adore c’est que seulement une partie de ça est intégré dans l’histoire. Les choses les plus folles peuvent se passer en allant acheter votre Whisky et votre café le matin en ville (50 cents le Whisky, faut en profiter!).

Certes les contrôles restent un peu pâteux - on y échappe pas vraiment, même apres quelques heures - mais on oubli vite tout cela quand l'adrénaline court dans vos veines, que les balles volent, et que ce jeu quasi cinématique (en terme d’images, d’histoire et de dialogues) vous envoûte. Il demande de l’amour et de la patience, et si vous lui en donnez, il vous le rend. Si vous êtes gentil avec votre cheval, il ira plus vite. Si vou vous comportez bien en ville, personne se doutera que c’est vous qui pillez la banque tous les samedis soirs. Si vous entretenez vos armes, elles feront plus de dégâts. Si vous vous nourrissez bien, vous courrerez plus loin. Dit comme ca, ca peut paraître pénible - mais croyez moi, c’est un envoutissant Parce que tout vous permet de prendre plus de risques, de jouer plus follement. La préparation à l’action est relaxante, et l’action est fulgurante - tout comme les chez d'oeuvres cinématographiques des Westerns spaghetti des années 60, en fin de compte.


Je ne me lasse pas de cette beauté...

Soyez patient avec ce jeu, et malgré ses défauts (au fond techniques) il vous séduira comme rien d’autre sur écran et console. 

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