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Cities Skyline: une opportunité ratée pour plaire aux geeks

Cities Skyline était un jeu qui promettait tant.

Après le désastre que fut le plus récent SimCity - les mécaniques du jeu était opaques, brisées et minables dans leur ambition - Skylines était sur la bonne voie: une interface claire, des mécaniques de développement urbain logiques, et la possibilité d’exercer son pouvoir de Maire mégalomane et tyrannique à travers toute une gamme d’outils. Les mods en particulier ont rajouté des raffinements particulièrement satisfaisants pour les gros geeks comme moi qui considèrent que le plus complexe est un système, le plus dense le millefeuille devient, le plus alléchant il paraît.

Et n’oublions pas ces graphismes d’une beauté rare pour un jeu de stratégie, qui rendent vie à tout ces petits bougres que je gouverne sans pitié ni tendresse pour satisfaire ma seule ambition: urbaniser la surface de la terre jusqu'à que le dernier arbre soit brûlé, ou convertit en lotissement.

(Mais peut-être que vous êtes des Maires plus raisonnables que moi.)

Mais alors qu’est-ce qui ne va pas?

Et bien le problème c'est que m’en lasse très vite, même si objectivement tout est bien fait. Et pourquoi je me lasse? Parce qu’au fond, le jeu n’est pas assez ambitieux : mêmes en 25x25, les cartes ne sont pas assez grandes. À force d’étaler une ville, on répète toujours les mêmes problèmes et solutions: trouver de la place, tracer voirie, services et transports, attendre, ajuster, répéter.

Cities: Skyline - Oui, c'est bien fait...maisl il manque quelque chose non?

Dès que la ville atteint 100,000 habitants, on se lasse vite - même quand on essaie d’être un peu fantasque dans son délire municipal.

C'était un des grands avantages de SimCity 4 : gouverner toute une région, et donc en faire bien plus qu’une ville. Tout à coup, il fallait se pencher sur un réseau de transport énorme et complexe, comment connecter les banlieues pauvres au travail, garder une zone agricole, développer tout un réseau régional de gens qui se déplacent et vivent sur une échelle massive. Et là les problèmes si diversifient, deviennent compliqués à souhait, et prennent des heures à résoudre. Même limité par son âge, et le nombre de Sims qu’il pouvait gérer, SimCity 4 avait de l’envergure. Les régions pouvaient dépasser plusieurs millions, et il fallait que tout ca marche pour pas que nos villes deviennent des affreuses zones grises de gens misérables, criminels et sans amour pour leur Maire Maniac, immortel et féru du bulldozer.

Sim City 4: des MILLIONS de gens a gouverner (tyranniser), et l'art du complexe.

Le problème de Skyline c'est qu’il part d’excellentes bases et ne va pas jusqu’à sa fin. Comme beaucoup de jeux aujourd'hui, il considère que c'est suffisant d’offrir juste assez de complexité pour tenter les gens à y passer du temps, mais pas suffisamment pour plaire à ceux qui se réjouissent de la gérance folle, minutieuse et l’amour des problèmes.

C'est normal vous me direz! Qui veut passer son temps à résoudre des problèmes en jouant? C'est fait pour se distraire! Mais pourtant je sais que je ne suis pas le seul qui veut qu’un jeu soit envoûtant jusqu’à l’obsession - il y a un marché pour les gens comme nous, nous qui sommes ignorés par la course au plus simple, au plus “marketable” et au plus accessible. Mais un bonheur, comme SimCity 4, était conçu pour plaire aux deux types de geeks. Skylines a raté son opportunité de le faire (pour l’instant).

C'est dans l’air du temps…

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